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Data Art : de l’esthétique de la datavisualisation

La datavisualisation est partout. Des journaux aux comptes-rendus des grandes entreprises, elle permet de gagner en efficience, de communiquer avec plus de force… et de transformer des concepts complexes en idées simples. Mais saviez-vous que la datavisualisation pouvait également être un art, engagé en faveur de l’esthétisme comme de l’innovation citoyenne ? Le point avec Values Associates.

Qu’est-ce que le Data Art ?

La meilleure définition de cette pratique nous est donné par le Data Artist et chercheur français Kirell Benzi. Auteur d’une conférence TedX remarquée sur le sujet, le jeune scientifique explique comment faire des données une oeuvre d’art.

« Le Data Art, ou art piloté par les données, est une pratique artistique qui s’appuie sur l’utilisation d’un ensemble de données pour transmettre des émotions au public. Parce qu’elle est basée sur des données, l’œuvre a une vérité plus objective derrière sa construction et ne provient pas uniquement de l’imagination de l’artiste », explique ainsi le jeune chercheur.

Mais pour être considéré comme du Data Art, les données utilisées pour créer l’œuvre doivent être compréhensibles par le public… Grâce à des explications appropriées, même si le sens n’est pas apparent au premier coup d’œil. Pour Kirell Benzi, le Data Art s’oppose à la datavisualisation qui cherche à être une représentation efficace des données en éléments visuels. Mais elle est également différente de l’art génératif, qui s’appuie sur le hasard pour susciter des émotions.

Art et datavisualisation : l’esthétique au service de l’information

« Ce que la plupart des personnes extérieures à la communauté de la science des données ne réalisent pas, c’est la part d’art qu’implique la création de certaines de ces visualisations. Cela va de l’impact des schémas de couleurs sur la perception dans la cartographie géographique aux algorithmes de mise en page et au filtrage des données utilisés dans les visualisations de réseaux », explique le magazine Forbes dans un article consacré au Data Art. Les médias ont bien compris le potentiel artistique de la datavisualisation… En engageant des spécialistes de la datavisualisation engagés en faveur d’une esthétique des données. Le quotidien italien Il Corriere della Serra, par exemple, a reçu de nombreux prix internationaux grâce au travail de Federica Fragapane, et sa datavisualisation publiée toutes les semaines dans le supplément littéraire « la lettura ».

L’art et la data citoyennes et engagées

Le Data Artist américain Jer Thorp a par exemple créé une installation artistique très remarquée. Cette dernière est intitullée « We Were Strangers Once Too ». Cette oeuvre est constituée de 33 poteaux métalliques représentant la population immigrée à New York. Le changement de perspective du spectateur transforme la sculpture en coeur lorsqu’il la regarde depuis le centre de Times Square. « Cette oeuvre, c’était une manière de faire de l’art à partir de la data, un art engagé, contre la xénophobie et en faveur de l’ouverture aux autres », a ainsi déclaré son créateur dans une interview.

Le Data Art peut aussi prendre des formes virtuelles ou plus quotidiennes. Ainsi, sur son compte Instagram, la data journaliste Mona Chalabi publie de nombreuses illustrations permettant de mettre en images des concepts parfois complexes. « Censure, réchauffement climatique, guerres ou dérives du World Wide Web… Les virtuoses du data-art montent au créneau et s’emparent de grands sujets de société », analyse à ce sujet le magazine français l’ADN. À la fois activistes, journalistes et artistes, les Data Artistes transforment la donnée en art. Et placent le beau au service de l’info. 

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